Enfant hyperactif : guide pratique pour bien gérer le confinement

À vous, parents, qui débutez votre lecture : il est normal de vous sentir parfois dépassés lors de ces périodes de confinement qui durent dans le temps. Confinement, reconfinement, votre enfant hyperactif a certainement lui aussi bien du mal à trouver ses repères. Déculpabilisez et soufflez. L'hyperactivité peut être maîtrisée en respectant routines et règles de base.

Quelles sont les manifestations du TDAH chez l’enfant pendant le confinement ?

Avant de commencer, prémunissons-nous des généralités. Même si votre enfant est diagnostiqué hyperactif, le confinement n’aggravera pas forcément les manifestations de son hyperactivité. Comme les adultes, certains enfants réagissent de façon positive au confinement, d’autres de manière neutre et d’autres de manière négative.
Mais il convient évidemment d’accorder une attention particulière aux enfants qui manifestent un trouble du déficit de l’attention pour les entourer, leur permettre de décompresser et leur autoriser le retour au calme. Les comportements qui peuvent être amplifiés par l’isolement chez l’enfant hyperactif sont :

  • >Des difficultés de concentration majorées sur un jeu ou une activité.
  • Une mise en mouvement permanente, un enfant qui se tortille sur sa chaise, qui court partout, qui grimpe sur les meubles, un enfant qui ne tient pas en place…
  • Un débit de paroles encore plus rapide qu’à l’habitude.
  • Un mal-être.
  • Un enfermement sur lui-même.
  • De grandes difficulté à communiquer.
  • Liste non-exhaustive.

7 conseils pour gérer un enfant hyperactif pendant le confinement

Le Centre d’excellence des Troubles du Neurodéveloppement donne quelques conseils très utiles aux parents d’enfants souffrant d’hyperactivité, de TDAH ou ADHD en anglais. La première clé d’un confinement bien géré reste la constance et la régularité. Ainsi, même si vos petits vont à l’école seulement quelques jours dans la semaine, même si leur rythme quotidien est bouleversé, veillez à :

  • Assurer le suivi médicamenteux de votre enfant. Sachez que pendant cette période, les ordonnances périmées peuvent être présentées à la pharmacie pour obtenir le traitement, à l’exception du méthylphénidate. Si besoin, sollicitez une téléconsultation auprès de votre médecin habituel.
  • Programmer des journées calquées sur le rythme scolaire. Ainsi, vous pouvez formaliser l’emploi du temps par écrit ou l’imager pour les enfants qui ne lisent pas encore. Munissez-vous d’un simple minuteur (le réveil de votre smartphone fera l’affaire) et délimitez les temps de classe, les temps de jeux, les temps assis, les temps debout… Le cadre d’apprentissage peut cependant être plus flexible qu’en classe, à savoir que l’enfant peut se lever ou étudier assis voire debout.
  • Maintenir un temps éveil-sommeil habituel. L’erreur consisterait à décaler l’heure du coucher et celle du réveil. Pour tous mais plus encore pour un enfant hyperactif, les moments de coucher, de lever et de repas doivent être fixes. La stabilité est assurée et les habitudes sont préservées, sources d’assurance pour les enfants.
  • Imposer des temps de socialisation. L’un des principaux dangers de cette période de confinement est évidemment de perdre le lien social. Les enfants ont l’habitude de sortir, de voir leurs copains dans la cour de l’école, d’écouter la maîtresse, de se rendre chez leurs grands-parents… Les priver de tous liens sociaux a irrémédiablement des conséquences néfastes. C’est pourquoi, même si vous prônez habituellement le 0 écran, il est conseillé d’organiser des temps de socialisation via message mais surtout en visio. Skype, Facetime, Zoom… vous avez l’embarras du choix. Permettez à votre enfant de discuter seul à seul avec ses copains/copines, sans papa ou maman pour écouter la conversation.
  • Pratiquer une activité physique quotidienne avec votre enfant. Encore une fois, ce conseil s’applique à tous et plus encore aux enfants souffrant d’un TDAH. Certes vous ne pouvez pas sortir autant que vous le voudriez, mais les assouplissements permettent désormais de vous rendre à 20 kilomètres de votre domicile. À vos cartes et plans, il y a certainement un grand parc, un espace vert voire, pour les plus chanceux un plan d’eau ou une forêt pour se dégourdir les jambes dans ce périmètre. L’idéal est ainsi de profiter de ces 3 heures en extérieur pour un retour à la nature, pour prendre l’air… Une sortie qui peut être couplée avec 30 minutes de parcours en intérieur ou de gymnastique le matin et 30 minutes d’étirement en fin de journée pour se détendre. Une routine sportive à adopter par toute la famille et qui permet de bouger tout en passant de bons moments.
  • Penser à des activités manuelles variées. Que votre enfant hyperactif souffre de troubles de l’attention ou non, proposez-lui des activités qui lui permettront de se concentrer tout en se divertissant. Vous avez l’embarras du choix : dessin, peinture, musique, ateliers de création de boules de Noël, pâte à modeler pour les plus petits, sable magique…
  • Regrouper la famille autour de temps ludiques après l’école à la maison. Cours de danse improvisé, yoga du rire, sophrologie ou même bataille d’oreillers, décompressez tous ensemble.

Faut-il parler de la crise sanitaire à mon enfant hyperactif ?

Il y a souvent derrière les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité cette idée d’un enfant à (sur)protéger. Plus largement, quel parent ne veut pas préserver son enfant des mauvaises nouvelles et autres situations problématiques.
S’il est difficile de mettre des mots sur la crise sanitaire que nous traversons, votre devoir de parents vous pousse à rester ouvert à la discussion avec votre enfant. Inutile de l’abreuver d’informations et de détails anxiogènes, mais il comprend évidemment que quelque chose de grave se passe.
Ne le laissez pas extrapoler et se faire des idées. Les enfants ont une imagination très fertile et peuvent se laisser inonder par ce qu’ils ressentent. Vous pouvez donc commencer par l’interroger en lui demandant son ressenti sur le confinement, sur le changement de rythme, sur l’impossibilité de voir certains de ses proches… En continuant ensuite avec des paroles rassurantes pour l’enfant mais également pour sa santé, pour la vôtre et pour celle de ses proches.
Il est également utile de lui expliquer en détails les gestes barrières et leur utilité pour qu’il comprenne la nécessité de les respecter et de les appliquer scrupuleusement.
L’idée est ainsi de communiquer de manière transparente mais non anxiogène, tout en limitant impérativement l’exposition de votre enfant aux médias et aux réseaux sociaux.
Gardez en tête que cette discussion doit être menée plusieurs fois, de manière récurrente. Les enfants ont rapidement tendance à être inquiets mais ne l’expriment que très rarement. Cette anxiété se ressent alors dans leur comportement, hyperactivité décuplée en tête.
Enfin, même si vous devez gérer l’hyperactivité de votre enfant, prenez soin de vous en tant que parent. Plus vous êtes anxieux, plus les petits le ressentent. L’anxiété vous envahit ? Des solutions naturelles contre le stress vous aident à retrouver votre calme.



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